Steve Shamal, timide au grand cœur

Des débuts manqués aux Girondins de Bordeaux à la renaissance au Stade de Reims, Steve Shamal a déjà connu beaucoup d’épreuves dans sa jeune carrière. C’était la promesse de Yohan Eudeline, ce grand timide a pu rejoindre le Stade Malherbe Caen l’été dernier, portrait. 

Steve Shamal a pu reprendre l'entraînement collectif au début de l'année 2021 avec le Stade Malherbe
Steve Shamal a pu reprendre l'entraînement collectif au début de l'année 2021 avec le Stade Malherbe
  • Un enfant réservé

« Je suis né à Ivry-sur-Seine en banlieue parisienne, j’ai surtout grandi avec ma mère et mes tantes puisque j’ai perdu mon père quand j’étais jeune. J’ai des origines algériennes avec ma mère et palestiniennes avec mon père, ils se sont rencontrés en France quand mon père travaillait sur les marchés. J’étais quelqu’un de calme mais surtout très timide aussi bien avec ma famille qu’avec les gens au quotidien, ça m’a un peu joué des tours dans mon enfance. »

  • Susceptibilité et timidité

« J’ai toujours le même caractère depuis que je suis petit. Quand je connais les personnes, j’arrive à m’ouvrir et j’aime apporter ma bonne humeur mais il faut que je me sente à l’aise. J’ai souvent fait preuve de discrétion, je n’aime pas les embrouilles et je fais en sorte de toujours trouver une solution quand il y a un problème. À côté de ça j’ai un gros côté susceptible, j’ai tendance à prendre les choses un peu trop à cœur et c’est notamment le cas sur le terrain, surtout quand je rate des choses. »

  • Grandir en banlieue parisienne

« J’ai habité à Vitry-sur-Seine jusqu’à mes trois ans avant de partir à Créteil, j’ai encore ma famille là-bas. Après j’ai quand même beaucoup d’attaches à Vitry, j’avais mes repères là-bas, j’y retournais souvent pour voir mes cousins. Il y avait quinze minutes de route mais j’avais ce besoin d’y aller régulièrement. J’ai grandi en banlieue avec des bâtiments cabossés, dans des cités un peu chaudes mais ça reste de bons souvenirs, c’est là que j’ai commencé à m’intéresser au football. »

  • Toujours de bon conseil

« J’aime bien avoir ce rôle, toujours être dans l’échange, c’est quelque chose qui me suit aussi depuis très jeune. J’ai encore des amis d’enfance et tout le monde a une vie bien rangée et je suis fier de ça. Quand un de nos potes déraillait ou n’allait pas bien, on était là pour lui, on faisait le nécessaire pour qu’il puisse se remettre dans le droit chemin. J’aime bien donner des conseils et me faire conseiller, dans le football c’est important. Quand je suis dans le faux, j’aime bien qu’on me le dise et je suis comme ça. Je veux que mon entourage se sente bien et je pense avoir un rôle à jouer. »

  • Le football à Bonneuil-sur-Marne

« J’ai découvert le football avec mes cousins, j’ai eu ma première licence à Vitry pour jouer avec eux mais ça ne s’est pas très bien passé. La saison d’après j’ai rejoint Bonneuil-sur-Marne, c’est un petit club a côté de Créteil. C’était un peu dur au départ parce que je venais de la ville un peu rivale. J’ai mis 7 buts lors de mon premier match et j’ai réussi à bien m’intégrer. J’avais une entraîneuse qui s'appelait Aurélie et elle a beaucoup compté pour moi, c’était un peu rare à l’époque. Ça reste mon club de cœur, j’ai tout connu là-bas avant de rejoindre les Girondins de Bordeaux. »

  • Des Girondins au chômage

« J’ai signé aux Girondins de Bordeaux à mes 13 ans, j’ai tout connu là-bas, j’ai notamment gagné la Coupe Gambardella. À 18 ans je fais mon premier groupe en pro au Parc des Princes, je sentais que j’étais proche de mon premier contrat. Finalement ça ne se fait pas, il m’ont proposé un contrat amateur mais j’ai décidé de partir. Je pensais rebondir assez rapidement mais au final je me suis retrouvé au chômage pendant plusieurs mois avant de rejoindre l’AJ Auxerre, je signe amateur mais sans toucher d’argent. Ça a été une période difficile mais ça m’a vraiment forgé et j’ai gagné en maturité. »

  • Un préparateur mental à Reims

« En 2017 j’arrive au Stade de Reims sous contrat amateur, je fais une bonne première partie de saison puis mon coach me demande de voir un préparateur mental en décembre. Derrière ça a été hyper bénéfique, je fais mes débuts en pro l’année du titre en Ligue 2 et en avril je signe mon premier contrat professionnel. Moins d’un an avant je voulais arrêter le football et je me retrouve Champion de Ligue 2, comme quoi le football ça va très vite. Ça a été un vrai déclic dans ma carrière, ça m’a fait beaucoup de bien. »

  • Des occasions manquées

« J’ai eu plusieurs occasions de percer que ce soit aux Girondins, à Auxerre ou à Reims mais ça ne s’est jamais passé comme prévu. Le mental m’a souvent fait défaut et je sais le reconnaître aujourd’hui, surtout à Bordeaux. À Auxerre, je m’entraîne avec les pros et je dois jouer en Ligue 2 mais j’avais un problème de papier. Après la trêve hivernale, je reprends avec le groupe pro pour la Coupe de France mais j’ai attrapé la grippe et là ma chance était passée. On m’a toujours dit que j’avais le talent pour faire une belle carrière mais que mon problème était dans la tête. J’ai su me remettre en question, j’ai pu rebondir en National à QRM et à Boulogne. »

  • Le tremplin en National

« Après ma bonne saison en N2 avec Reims, je décide d’aller en prêt à QRM où ça se passe très bien. Je joue quasiment tous les matchs et je suis décisif mais ça ne se passe pas très bien quand je retourne à Reims. J’ai décidé de résilier mon contrat alors qu’il y avait la Ligue 1 mais je savais que ça n’allait pas se passer comme je voulais. Puis j’arrive libre à Boulogne-sur-Mer, on fait une grosse saison un peu tronquée par le COVID mais j’ai passé un vrai cap (6 buts et 5 PD en 18 matchs). Tous les week-ends, on était attendus avec Randal Kolo-Muani qui était prêté par le FC Nantes. »

  • La promesse de Yohan Eudeline

« J’étais en train de faire une belle saison avec Boulogne et Yo m’a contacté pour me dire que le Stade Malherbe s’intéressait à moi. Au mois de juin tout était fait pour que je signe et je me fais les ligaments à la reprise de l’entraînement avec Boulogne. J’ai eu Yohan au téléphone, j’étais en pleurs, je pensais que ça n’allait pas se faire. Il m’a promis qu’il n’allait pas me lâcher et c’est ce qu’il a fait alors que dans le football généralement ce ne sont que des paroles. Ça m’a fait du bien de voir que l’on comptait sur moi aussi. »

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